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ORDRE DE L'ÉTOILE DE NOTRE-DAME DU SANWI

Louis Aniaba, ivoirien à la Cour de Louis XIV.

Ordre de l’Etoile de Notre-Dame (du Sanwi).

       Le protégé de Louis XIV prend de plus en plus au sérieux ses prérogatives royales.
Aussi Aniaba décide-t-il d'instituer un ordre de chevalerie, dont il fera membre les nouveaux convertis de son royaume.
Il en parle à Louis XIV, à Bossuet et Madame de Maintenon. Ils conviennent que cet ordre s'appelera l'Ordre de l'Etoile-Notre-Dame.

       Le 12 février 1701, dans la chapelle de la Vierge de la cathédrale Notre-Dame, le cardinal de Noailles, archevêque de Paris, remet solennellement à Aniaba les insignes de son ordre en présence de Bossuet.

       Aniaba a offert la veille au chapitre de Notre-Dame un grand tableau qu'il venait de faire peindre par le sieur Justina pour perpétuer le souvenir de cet événement. Sur ce tableau on voit le "Roi Très Chrétien" et l'évèque de Meaux présentant Aniaba à genoux à une Vierge qui tient le petit Jésus dans les nuées, lequel a, à la main, un cordon blanc enserrant une étoile.
Au bas du tableau on lit : "A la gloire de Dieu, de la grâce que Dieu lui a faite de retirer de l'aveuglement où ses prédécesseurs et leurs peuples ont vécu jusqu'à présent, et des bontés de Louis Grand, qui l'a fait élever en France à ses dépens dans le culte de la vraie religion et dans la pratique de nobles exercices."
Dans une lettre de Claude Chastelain relative au roi nègre Aniaba et à la cérémonie de la fondation de l'ordre de l'Étoile Notre-Dame en 1701, on sait qu'à cette occasion le roi Aniaba fit don à Notre-Dame de Paris d'un tableau peint par Justinat. L'artiste fut naturellement décoré de l'ordre dont son pinceau avait commémoré la fondation. Le diplôme original qui lui fut conféré se trouvait dans les archives du baron Joursanvault.

       Voici dans quels termes cette pièce est analysée par les rédacteurs du catalogue de i838:

« Louis Aniaba, par la grâce de Dieu, roi d'Eissinies, à la Côte d'Or, en Afrique, reconnaissant envers Dieu qui, de sa miséricorde infinie, lui a départi les lumières de l'Évangile dont les rois ses pré-décesseurs avaient été privés, institue, sous la protection de la très sainte Vierge, un ordre de chevalerie sous le nom de l'Ordre de l'Étoile de Notre-Dame, et voulant laisser en France, après son départ, des monumens de sa dévotion et reconnaître les services qui lui ont été rendus par Oudar-Augustin Justina, auteur du grand tableau qu'il a donné à l'église Notre-Dame de Paris, où il est représenté à genoux devant la sainte Vierge et son enfant Jésus qui lui remet le collier de son dit ordre, en présence du roi de France, son bienfaiteur et parrain, et de M. l'évêque de Meaux, il institue ledit Justina, chevalier de son ordre (Paris, 12 février 1701) » (orig. avec signature de L. Aniaba en marge et au bas de la pièce). (Catalogue analytique des archives de M. le baron Joursanvault, t. I. Paris, i838, in-80, p. i38, no 814.)

 

INSIGNE: CROIX D'OR EMAILLEE DE BLANC EN FORME D'ETOILE, AU MILIEU DE LAQUELLE IL Y A L'IMAGE DE LA SAINTE VIERGE, ET CETTE ETOILE EST ATTACHEE A UN RUBAN BLANC DE LA LARGEUR DE QUATRE DOIGTS.

       A la fin du XVIIème, Louis Aniaba était le protégé de Louis XIV, mais aussi premier officier noir de l'armée française.

       En ce 1er août 1691, Bossuet, évêque de Meaux, fit un prêche qui toucha particulièrement l'assemblée réunie dans la chapelle des Missions étrangères.

       Le parrain du baptisé était Jean-Baptiste de Lagny, intendant général du commerce de France, conseiller-secrétaire du Roi, sa marraine était Madame Bidault, son épouse, au nom et par ordre du Roi.


       Ledit baptême a été célébré en présence du curé de la paroisse par l'évêque de Meaux.

       Son protecteur était Louis XIV lui-même.
L'acte de baptême disait d'ailleurs : «Par permission expresse de Monseigneur l'archevêque, a été baptisé Louis Jean Aniaba, âgé d'environ 20 ans, fils du roi d'Issigny (Assinie), en Guinée, en Afrique... au nom et par ordre du Roi.»

       Le jour de son baptême, Louis Aniaba est en France depuis trois ans déjà.
Protégé de Louis XIV dont il porte le nom, il deviendra le premier mousquetaire noir.

       L'incroyable histoire de ce jeune africain est malheureusement pleine de trous, mais le plus étonnant est qu'elle soit parvenue jusqu'à nous, grâce à trois récits de voyage écrits au XVIIIe siècle.

       Aniaba est donc originaire d'Assinie, un comptoir français de la Côte d'Or (aujourd'hui en Côte-d'Ivoire). Selon un chroniqueur, il serait le fils du chef de l'ethnie eotilé et de la princesse Ba. Son père tué, sa mère est capturée et épousée par Zena, roi de l'ethnie essouma. Un peu plus tard, le jeune homme arrive en France sous la garde du chevalier d'Amon, représentant la Compagnie de Guinée.

       Le début de son séjour est assez obscur. Il vit à Paris, mais on n'a aucune idée de ce qui se passe dans la tête de cet adolescent débarquant dans un pays où tout lui est étranger : les croyances et les relations sociales, aussi bien que les plantes et les animaux. En fait, l'histoire commence lorsqu'Aniaba, se promenant dans Paris, entre dans Notre-Dame, éprouve ce qu'on peut décrire comme une révélation mystique et demande à un certain sieur Hyon, marchand de perles de son état, de le présenter au Roi. Toujours est-il qu'en 1690, Aniaba est présenté à Louis XIV, à qui il explique qu'il veut être initié à la religion catholique «l'unique, bonne et véritable».

       La suite est simple comme un désir du Roi-Soleil : Bossuet est chargé d'assurer l'instruction religieuse du prince africain, puis de le baptiser, ce qui sera donc fait en 1691.
C'est un grand moment de triomphe social : Aniaba fait faire son portrait qu’il emportera en Assinie et qu’il montrera à sa mère.
Le portrait est sûrement ressemblant, puisque sa mère pleure à chaudes larmes. Il a malheureusement disparu.

       L'intégration du jeune Assinien dans la société française se poursuit grâce à Louis XIV qui le fait admettre comme officier dans le régiment du roi.
Mousquetaire, Aniaba sera «le premier officier noir de l'armée française».
Il apprend l'escrime et l'équitation. Il apprend aussi à lire et à écrire.
Capitaine dans un régiment de cavalerie en Picardie, en garnison à Amiens, il reçoit une pension de 12 000 livres et vit comme un gentilhomme de l'époque : avec domestiques, chevaux, dettes, femmes et enfants.

       On imagine bien qu'Aniaba, l'un des premiers Noirs séjournant en France, suscite une énorme curiosité : il sera d'ailleurs le premier héros noir d'un roman français, Histoire de Louis Aniaba, publié en 1740.
En même temps, personne ne semble s'émouvoir qu'un Noir vive comme un gentilhomme.
«Le préjugé de couleur n'existe pas encore», rappelle Roger Little.

       De toute façon, il suffit que, par caprice ou par calcul, Louis XIV ait fait d'Aniaba un favori pour que chacun soit enchanté de s'amuser avec ce jeune prince noir et ravi d'éprouver grâce à lui le frisson de l'exotisme.

       En 1700, Aniaba, apprenant la mort de Zena, décide de rentrer dans son pays pour prendre sa succession, comme il l'explique dans une lettre à Bossuet:
- «C'est ce qui donne lieu, Monseigneur, de m'adresser à vous pour vous demander en grâce de m'honorer de votre protection auprès de Sa Majesté, afin que je puisse retourner dans les Etats de feu mon père.»

       C'est sans doute à ce moment que Louis XIV lui dira : «Prince Aniaba, il n'y a donc pas plus de différence entre vous et moi que du noir et du blanc.»




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